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Les Métis au Collège et à l'Université de Saint-Boniface

200 ans d'éducation

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Fruit d'une recherche approfondie menée à l'occasion du bicentenaire de l'Université de Saint-Boniface, cet ouvrage retrace deux siècles d'histoire méconnue : celle des étudiants et étudiantes métis qui ont fréquenté cette institution depuis sa fondation en 1818. À travers les voix croisées de témoins, d'archives et d'analyses historiques, Denis Gagnon et Beverley Lunney redonnent vie à une mémoire longtemps éclipsée par les récits dominants.

Le livre explore les grandes étapes de l'éducation métisse au Manitoba - de la première classe ouverte par l'abbé Provencher à la création du Regroupement étudiant métis au début des années 2000. Il révèle les défis identitaires, linguistiques et culturels vécus par les Métis francophones au fil des générations : la perte du français, la stigmatisation, la résilience et la réappropriation de leur héritage.

Entre études de terrain, témoignages et réflexion sociologique, Les Métis au Collège et à l'Université de Saint-Boniface met en lumière la contribution essentielle des Métis à l'histoire de l'éducation au Canada et interroge le rôle des institutions dans la transmission de l'identité et la reconnaissance des peuples autochtones. Un ouvrage nécessaire, à la fois hommage et appel à poursuivre le dialogue entre mémoire, savoir et réconciliation.
En 1817, malgré les réticences de l'Église catholique qui voit d'un oeil méfiant l'établissement d'une mission à la colonie de la Rivière-Rouge après la bataille de la Grenouillère1, une pétition signée par vingt-deux résidents est envoyée à Mgr Plessis à Québec afin de solliciter la présence d'un prêtre résident. L'année suivante, l'abbé Norbert Provencher, accompagné de l'abbé Sévère Dumoulin et du séminariste Guillaume Edge, s'installe dans la colonie et donne la première classe aux enfants métis dans sa modeste demeure qui servait aussi de presbytère. Cette petite salle de classe, dont nous ne savons même pas si elle était dotée d'un tableau noir et de pupitres, deviendra par la suite une école en 1833, un collège en 1855, un collège universitaire en 2005, puis une université en 2011. Pour marquer le bicentenaire de cette fondation, j'ai tenu à souligner la présence des étudiants et étudiantes métis et métisses à Saint-Boniface de 1818 à nos jours.

Reconnus comme un peuple autochtone par l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, les Métis sont issus des unions entre des femmes amérindiennes et inuites et des hommes d'origine euro-canadienne mais, à l'exception de la communauté de Sault-Sainte-Marie, ils ne bénéficient d'aucun des droits collectifs accordés aux Premières nations et aux Inuits par la Loi sur les Indiens. Selon l'arrêt Powley de la Cour suprême de 2003, pour être reconnues comme métisses, leurs communautés doivent avoir vu le jour avant l'époque de mainmise des institutions gouvernementales sur leur territoire2 . C'est cette occupation originelle du territoire qui en fait un peuple autochtone au même titre que les Premières nations et les Inuits. Ils forment un peuple distinctif composé de plusieurs nations et communautés qu'on retrouve dans toutes les provinces et territoires du pays et qui ont été exclues plus ou moins violemment du processus de fondation du Canada à la fin du XIXe siècle. Dans l'Ouest, ils ont été transformés en ennemis à la patrie par les Orangistes3, puis, après la pendaison de leur chef Louis Riel à Regina en 1885, l'histoire officielle les a oubliés. Ailleurs au Canada et aux États-Unis, les politiques gouvernementales ont tenté de les assimiler aux Premières nations ou à la population dominante et ils ont été
Denis Gagnon, PhD en anthropologie, est professeur titulaire à l'Université de Saint-Boniface depuis 2002. Originaire de Québec, il a fondé et dirigé la Chaire de recher

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